Flux rss Les avanchers Valmorel


La plupart des moulins qui bordaient le Morel ont aujourd’hui disparus ; il ne reste que des lieux-dits qui évoquent leur présence antérieure. A l’époque, la force de l’eau entrainait la lame des scies et faisait tourner les meules à grains.

 moulinDepuis Cornet, il suffit de se laisser guider par le chemin et pousser par la pente en sous-bois quelques centaines de mètres depuis la RD 95 pour s’enfoncer dans le creux du Morel. Au bord du torrent, au milieu d’une clairière désormais dégagée des broussailles et à la luminosité magique on découvre alors l’édifice de bois tel qu’il a été rénové.

Aujourd’hui tout est paisible ; l’édifice parait isolé. Cependant il faut savoir que déjà en 1728, dans une configuration peut être différente, il était déjà là : l’emplacement devait être le bon… En 1885, toujours là ! Mais on trouvait au total huit moulins, à peine plus en amont ou en aval, afin de faire tourner des meules que l’on voit encore aujourd’hui au droit de restes de murs.

A ce jour, subsiste un seul d’entre eux, le premier qui a été construit, le dernier qui a fonctionné et désormais le dernier qui restera debout dans la vallée ; celui-ci avait cette double fonction : scierie et meule à grains. La collectivité a pu miraculeusement l’acquérir avant qu’il ne s’effondre inéluctablement.

Avec la mappe entre les mains, la topographie laisse imaginer le chenal d’arrivée d’eau déviée du torrent, on visualise les anciennes roues à aubes : -celle horizontale qui devait agiter la scie battante, -l’autre verticale qui entrainait la meule ; le vacarme de cette mécanique rudimentaire devait être assourdissant et le bruit amplifié par la configuration du site.roue

Le bâtiment est conçu comme un outil de travail ; rien de trop, pas de fantaisie, mais tout y est. Pas d’escalier compliqué, mais la configuration des abords permet de desservir trois niveaux différents -d’approvisionner en billes de bois la scie avec une aire de manœuvre -d’approvisionner en grain depuis un nœud routier qui dessert les villages du bas et du haut de la paroisse sans oublier un pont sur le Morel qui rejoint Doucy. La longueur de la scie permet déjà d’obtenir de longues planches et de travailler à l’abri. Le coulisseau est suspendu à une ossature de charpente bien contreventée, mais le bâtiment devait tout de même trembler !

Des percements judicieux de l’enveloppe du bardage permettent la surveillance du fonctionnement de l’installation ; la ventilation naturelle et l’éclairage indirects se font depuis la sous face de toiture. Les sections de bois de l’ossature de charpente sont identiques et brutes ; un poteau ou une panne fragilisée devait être changée immédiatement sans plus de formalité et sans retarder la tâche. Au final, tellement rapiécé, l’ensemble en était réellement fragilisé….scie

C’est donc désormais à chacun de découvrir ce bâtiment et ce site particulier ; il est desservi par des chemins ruraux et itinéraires piétons qui permettent aisément sa découverte par un large public. Sa visite s’inscrit avec cohérence après celle du musée de Quarante-Planes, de l’espace patrimonial du Chef-lieu, de la fromagerie du Meiller, des cascades…. la totalité de ces lieux de visite étant desservis par « les sentiers du Morel ».

C’est désormais une association qui pourrait porter la suite des tâches à mener ; reconstitution du chenal d’arrivée d’eau, reconstitution de la scie… Mais en attendant on peut remercier les Consorts Aspord d’avoir fait confiance à la collectivité pour ne pas le voir inéluctablement s’effondrer. On peut remercier la CCVA ainsi que le Conseil Général qui ont apporté un financement complémentaire. On peut aussi apprécier sur place les travaux menés par l’entreprise Beauquis qui a su réagencer à l’identique les murs effondrés afin de recevoir une ossature de charpente levée à bout de bras et couverte à l’identique par l’entreprise Traversier.mécanisme